Presse


Coup de cœur du Cuisine et Vins de France septembre 2017: Florent Rouve pour le Domaine Rijckaert

Florent Rouve

Florent Rouve

Malgré sa barbe d’homme des bois, Florent Rouve ne fait pas ses 40 ans.
Alors qu’il dirige le domaine viticole du lycée de Davayé, il rencontre Jean Rijckaert, un Belge fou de vin.
C’est un coup de foudre amical. Florent sera son fils putatif.
Celui à qui il transmet progressivement le flambeau et les exigences de la vinification qui définissent la
singularité de ses cuvées: rendements restreints, vendanges manuelles, pressurages lents, levures indigènes,
élevages longs en fûts mais sans aucun bois neufs.
En 2013, il rachète les 4 ha en Mâconnais et les 6 ha jurassiens.

 

Dans sa gamme, le Vignes des Voises 2015 offre une bouche large aussi bien dessinée qu’un plissement du jurassique.
L’arbois Grand Elevage est un savagnin au tanin sec et harmonieux.
Avec ces vins, vous goûtez au Jura bourguignon: celui que l’on ressert sans demander.

LE MONDE novembre 2014

Eric Bordelet, le vigneron du cidre et du poiré

Eric Bordelet mars 2011 TG vins

Eric Bordelet

Si les vendanges sont maintenant terminées, la récolte des pommes et des poires, débutée en septembre, ne finira qu’à Noël. Dans les anciennes écuries du château de Hauteville, à Charchigné, les ramasseurs déchargent, épuisés, des caisses-palettes de petits fruits aux allures revêches et au goût sauvage.

« On les croirait cueillis grain par grain », commente Eric Bordelet, comme s’il avait devant lui une vendange de Château d’Yquem.

Le château n’est pas bordelais, mais mayennais, et s’il parle de l’assemblage des pommes fréquin, javron ou tête de brebis comme d’autres vanteraient celui du merlot et du cabernet-franc, cet ancien sommelier est bien cidriculteur. D’exception.

« Pureté, justesse des équilibres, longueur en bouche, complexité aromatique… On pourrait presque dire des cidres et des poirés d’Eric Bordelet qu’ils sont vineux », analyse Antoine Petrus, Meilleur ouvrier de France en sommellerie, et jeune directeur du restaurant Lasserre, à Paris, qui, comme d’autres étoilés, propose les bouteilles du Normand à sa carte.

« L’expression du fruit, du terroir et du millésime »

La production cidricole française se partage souvent entre produits industrialisés sans caractère et cidres fermiers d’une rusticité trop âpre et gazeuse. Ceux d’Eric Bordelet méritent le verre à dégustation plus que la bolée. Sans doute parce que celui qui a préféré l’appellation « artisanal » à celle de « fermier » se concentre sur « l’expression du fruit, du terroir et du millésime. J’ai cherché à appliquer au cidre ce que j’ai appris de l’œnologie ».

Fils d’agriculteurs, dont la ferme se trouve près de Charchigné, sur le site de Hauteville, Eric Bordelet, 51 ans, s’est formé au service à l’école hôtelière de Granville (Manche). Exilé ensuite à Paris, il côtoie de belles maisons – le Trou gascon, Le Duc… –, avant une première révélation. En 1986, Alain Passard, lance, rue de Varenne (Paris 7e), L’Arpège, futur trois-étoiles et pôle du renouvellement culinaire. « Comme Passard n’avait pas assez de sous pour payer un sommelier professionnel, il m’a proposé de me former à ce métier. »

Pommiers chez Eric BordeletLe sommelier quitte finalement la restauration en 1991 pour retrouver ses racines terriennes. Il suit pendant un an des études d’œnologie, mais… difficile de faire pousser de la vigne au croisement de l’Orne, de la Manche et de la Mayenne. Il décide alors de se consacrer aux pommes et aux poires. « Le terroir est, ici, une fusion de schiste et de granit, qui force les fruits à pousser dans la souffrance et donc à concentrer leurs arômes, auxquels ce sous-sol apporte des notes fumées et musquées », assure-t-il. La richesse du patrimoine fruitier local est essentielle. « On trouve ici des dizaines de variétés de pommes et de poires, explique le pomologue. J’en découvre de nouvelles chaque année. » Pour avoir planté des vergers, Eric Bordelet sait qu’un pommier devient adulte au bout de vingt-cinq ans, quand un poirier peut mettre un siècle. C’est donc sur d’autres terres que les siennes que le cidriculteur complète ses récoltes.

Au bourg de Saint-Julien-du-Terroux (Mayenne), à cinq minutes de chez lui, s’élèvent les troncs épais et cimes majestueuses de poiriers vieux de près de trois cents ans. Loin des dodues poires de table, leurs fruits couvrent les branches de petites boules. Pour les ramasser, il faut attendre que ces poires – plant-de-blanc, vinot, antricotin, belle-verge… – tombent naturellement sur l’épais tapis herbeux. « Tout est choisi ou éliminé manuellement », précise Bordelet.

Une minéralité presque saline

Le cidriculteur possède aussi ses personnes ressources, un réseau d’anciens qui, régulièrement, lui font découvrir des pommiers sauvages, cachés dans des haies ou des champs oubliés. S’il « vinifie » un maximum de variétés, le Mayennais les classe en trois catégories. « Des fruits amers pour la charpente, doux pour la chair, acidulés pour le soutien aromatique. » Après cet assemblage, les pommes ou poires sont broyées grossièrement, pressurées délicatement, leur jus décanté, soutiré puis fermenté en cuves. Embouteillé un mois après, ce jus donne un cidre doux, avec de deux mois de plus il devient demi-sec, et après deux autres mois, un cidre brut.

Etiquette Poiré GranitA côté de cuvées dites « de soif », Eric Bordelet élabore deux grands crus. Celui du cidre – rebaptisé Sydre –, la cuvée Argelette (vendue environ 15 euros), offre une robe blond caramel, avec des arômes entre pomme et cuir, équilibrant parfaitement acidité et rondeur.

Le poiré d’exception est baptisé Granit comme la roche où se plantent les racines des très vieux poiriers. Arôme primaire de poire fraîche, développé en fleurs blanches et verveine, d’une minéralité presque saline, cette cuvée a l’élégance d’un grand champagne et – comme l’Argelette – sa finesse de bulles.

Dans leur cuisine, Eric Bordelet et son épouse Céline, nous ont fait déguster de récents et vieux millésimes avec une soupe de potiron, des tripes et un camembert au lait cru. C’était parfait.    Stéphane Davet

 

Terre de Vins septembre/octobre 2013

Les frères Pire

Guillaume, Adrien Pire et leur compagne

Découvrez ici une autre fratrie sympathique qui œuvre depuis quelques années dans les vignes mais dont le domaine est connu depuis le XIIIème siècle.

Belges de naissance, ils ont adopté le terroir qui le leur rend bien.

Le travail ne leur fait pas peur car le “bio” ne se fait pas sans peine.

Le domaine de Fosse-Sèche [Ici]

 

Revue du Vin de France janvier 2013

Une fratrie prometteuse: le Domaine Arlaud en Bourgogne

Famille Arlaud

Cyprien Arlaud en famille

Arrivé en 1997 à la tête d’un domaine familial en sommeil, Cyprien Arlaud y fait la révolution.

Le travail à la vigne, la vinification, le style des vins et l’outil de production ont été modernisés.

Rejoint par son frère Romain en 2004, puis par sa sœur Bertille qui s’occupe du labour à cheval, ils forment une équipe cohérente et efficace.

Certifié “bio” depuis 2010, en conversion biodynamique, ce domaine très prometteur élabore des vins élégants.

 

 

Etiquette Trévallon

Une étiquette dessinée par René Dürrbach

L’histoire de Trévallon racontée par Eloi Dürrbach: très intéressant et émouvant [Ici]

 
 
 
 

Revue du Vin de France de novembre 2010

Le domaine Auguste Clape est mondialement reconnu pour la qualité de ses cornas.
S’ils ont un accent rustique dans leur jeune âge, ces vins de syrah s’anoblissent avec le temps. Chez les Clape, on a toujours utilisé des fûts usagés et réintroduit le foudre au début des années 70. Pourquoi?

Pierre Clape dans sa Cave

Pierre Clape dans sa Cave

Pierre Clape : “Le foudre est un contenant d’un entretien facile. Il ne sèche pas quand il est vide. Et, à condition d’être vigilant sur l’hygiène, il n’y a pas plus de bactéries que dans un chai de barriques neuves.
Pour élever un vin, la barrique  neuve est versatile. Il y a trop de différences d’un tonnelier à l’autre.
Elles masquent l’expression de notre terroir abrupt.
Mes vins peuvent paraître rustiques, mais si avec du bois neuf, on a le sentiment d’avoir des vins civilisés, en revanche, on n’est jamais surpris.
La vinification est gommée, la personnalité du vin s’efface devant le travail du tonnelier.
La patte du vigneron et l’empreinte du terroir s’expriment en arrière-plan. Le foudre peut accentuer le côté rustique du vin mais cela reste de l’ordre de la nuance.  Avec les vieux bois, je recherche un compromis entre la rusticité et l’élégance.
Je trouve étrange de dire d’un vin qu’il est toasté alors qu’à la base, c’est du fruit.”

La sélection de Bettane et Desseauve (janvier 2010)

– Splendide (17/20) : Roc des Anges, Vin de Pays des Pyrénées-orientales, Vieilles Vignes blanc 2007

Marjorie Gallet Roc des Anges

Marjorie Gallet

La troisième place obtenue par Marjorie Gallet dans le numéro de septembre lors de la dégustation par le Grand Jury des meilleurs vins du Languedoc-Roussillon, ne nous a pas vraiment surpris. Son domaine, installé sur les schistes gris de Tautavel, fait partie des nouvelles références du Roussillon.
Elle a remis en culture de vieilles parcelles dont l’exposition permet aux vins d’exprimer une grande fraîcheur. Dans une gamme sans faute en vins blancs, rouges et mutés, la cuvée de Vieilles Vignes a grande allure. Avec un tanin gourmand et un jus magnifique, elle n’est que fraîcheur et finesse.

 

Domaine Gardiés : Côtes du Roussillon-Villages, La Torre 2007 : 17/20

Jean Gardiés

Jean Gardiés

Jean Gardiés fait évoluer ses vins vers des rouges tout aussi denses qu’auparavant mais encore plus faciles à boire. Ses terroirs sont des zones de calcaires purs sur Vingrau et des parcelles d’Espira-de-l’Agly où naît cette excellente cuvée de mourvèdre, la Torre. C’est probablement l’une des expressions les plus originales de ce cépage avec une puissance solaire plus marquée qu’à Bandol.

 

Revue du Vin de France d’avril 2009

Domaine de Trévallon

Eloi Dürrbach

Eloi Dürrbach

En 1973, Eloi Dürrbach s’installe sur un coup de tête à Trévallon, acheté 10 ans plus tôt par son père. Sur les conseils de Georges Brunet, alors installé à Vignelaure (coteaux d’Aix), il plante des cabernet sauvignon et de la syrah sur les versants nord. Il les récolte pour la première fois en 1977. Depuis maintenant 30 ans, les vins se sont affirmés. Aujourd’hui, avec l’aide de son fils Antoine, le propriétaire trace son sillon sans rien changer de ce qui a fait la réussite de ses vins. Une approche très traditionnelle assortie de cuvaisons longues, de remontages et d’un élevage de deux ans en foudre. Uns seule mise en bouteille pour un seul vin : Trévallon.

2006: Harmonieux et aromatique sur des notes de fruits rouges et de truffe noire, ce millésime légèrement refermé à ce jour offre un équilibre fin et une certaine souplesse de tanins.
Dans un profil en demi-puissance, il offre une longueur plus délicate que dans les années de plus imposante concentration. Il sera à boire avant le millésime 2007 qui s’annonce superbe.         Note : 17/20.

 

In Vino Veritas 11 février 2009

 

Domaine Labet à Rotalier

Charline et Julien Labet

Charline et Julien Labet

La tournée des barriques en élevage en compagnie de Julien Labet apparaît comme une synthèse, une conclusion qui confirme que les vins oxydatifs sont des plus ardus à élaborer. Le voile, facteur le plus déterminant, reste un phénomène aléatoire : viendra, viendra pas; de bonne ou mauvaise qualité; son évolution,…

“On regarde le voile, s’il présente une pathologie, acétate ou volatile trop importante, on ouille. Les voiles de qualité se présentent sous deux formes : celui qui donne des goûts de pâtisserie, de confit et celui qui apporte des arômes épicés. Ils sont toujours très fins. On se rend compte que le degré alcoolique est important. Trop faible, cela tourne facilement à l’acétique. A 14°, le vin développe plus facilement un voile de qualité. Puis, il y a ce qui se passe sous le voile. Même bien structuré, le vin peut se faire “bouffer” par le voile, décousu, il ne reste alors que l’amertume et la distillation. On déguste toutes les barriques pour déterminer celles qui n’iront pas plus loin. A partir de là, on fait des essais d’assemblages. Les vins déstructurés mettent en évidence les homogènes. Il faut les filtrer pour éviter les redémarrages et les goûts de levure. Par contre, le SO² est inutile, les oxydatifs le recombinent”.
Le domaine propose trois vins de type oxydatif : Chardonnay, Savagnin et un assemblage. Julien aimerait tenter un Chardonnay parcellaire sous voile, histoire de retrouver plus facilement le terroir derrière le voile. Et peut-être, par la même occasion, donner quelques lettres de noblesse à ce qui se considère encore comme un second produit.                                     Marc Vanhellemont

Dégustation du Côtes du Jura : Chardonnay/Savagnin 2004 Domaine Labet

Doré éclatant, un trait de fenugrec bien net épice le suc de viande et le céleri sec, le poivre les renforce encore, puis viennent la crème de noix et les feuilles de noyer; la bouche vive décoiffe le gras et laisse entrevoir le léger amer de l’écorce de citron vert, le minéral se traduit en notes salines d’abord, puis glisse vers l’anis, arrive alors le croquant du biscuit salé. Il anime la sapidité et fait encore plus saliver; le poivre final ne fait rien pour l’arrêter.
Les vignes atteignent les 45 ans. L’assemblage comprend 80% de Chardonnay et 20% de Savagnin récoltés du 20/09 au 15/10. Les vins sont vinifiés en pièces anciennes à basse température, ouillés jusqu’à malo finie, puis élevés sous voile pendant 2 ans.